Jeudi 15 janvier
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Le shibari est un
type de bondage sexuel japonais entrant dans le cadre de jeux bdsm. Il implique d'entraver celui (ou celle) qui tient le rôle de personne soumise en utilisant des figures géométriques pré-définies
à l'aide d'une cordelette, habituellement de 6 à 8 millimètres de diamètre, faite de chanvre ou de jute. Le mot de shibari, signifiant « attaché, lié », utilisé au Japon pour décrire l'art de
ficeler les colis est devenu l'appellation la plus courante, dans les années 1990, en Occident, pour désigner l'art du bondage kinbaku.
HISTORIQUE
Certaines techniques de bondage sexuel japonais sont héritées de pratiques militaires, le hojojutsu. Le bondage sexuel est de loin plus mesuré et beaucoup de précautions sont prises pour éviter des
blessures.
De nombreux Maîtres japonais du bondage ont leur propre technique, mélange du shibari avec d'autres techniques de leur invention. Le kinbaku a été fortement influencé par l'époque Sengoku. Cette
période qui s'étend du milieu du XVe siècle au début du XVIIe siècle est la plus noire qu'ait connue le Japon. Elle reste gravée dans les mémoires pour les tortures cruelles infligées à l'aide du
feu, de couteaux, de tatouages, etc… En 1742, sous le shogunat Tokugawa, le gouvernement promulgue une loi interdisant certains crimes ou punitions. On trouve parmi ceux-ci les peines de travaux
forcés, l'esclavage, l'exil, la peine de mort, etc., et encore quatre types de tortures : la peine du fouet, l'écrasement d'une partie du corps sous une lourde pierre, le ligotage serré du corps à
l'aide de cordes, la suspension par ce même moyen.
D'après plusieurs sources, le bondage sexuel apparaît pour la première fois au Japon à la fin de l'époque d'Edo. Le kinbaku ne devient réellement populaire dans les revues spécialisées qu'à partir
des années 1950, et la tradition du bondage en tant qu'art ne se développe au Japon qu'à partir des années 1960.
EVOLUTION
L'art de poser des liens est très ancien au Japon. La date exacte de son origine est mal connue mais on estime qu'elle remonte à un millénaire.
Apparenté, à l'origine, aux arts martiaux, le ligotage ou kinbaku est initialement une méthode de torture dont les techniques diffèrent selon le rang du prisonnier (hojojutsu). Il s'est ensuite
transformé pour devenir une pratique érotique. Le fait de lier (shibari) exige une pratique sereine, progressive et complexe qui permet au ligotage d'induire son plein effet. Progressif veut dire
qu'il est possible de commencer en n'importe quel endroit du corps (poitrine, cuisses ou ventre) pour gagner peu à peu d'autres points et finir éventuellement par une immobilisation complète dans
une position donnée comme, par exemple, la position en croix du ligoté connue sous le nom de "hog tie".
Le bondage japonais diffère du bondage occidental par le fait qu'au lieu de simplement immobiliser le sujet ou de pratiquer sur lui certaines contraintes, les techniques de shibari ajoutent à cette
notion de base un point de vue esthétique (voire érotique) et une stimulation des centres d'énergie en des points précis du corps (shiatsu). La personne soumise prend du plaisir par la tension de
la corde qui lui écrase les seins ou les parties génitales. L'intensité des sensations procurées au sujet ligoté est fonction de sa position. Le bondage japonais est connu pour faire appel à des
positions asymétriques qui accentuent l'impact psychologique et visuel du bondage.
Les cordages sont habituellement réalisés en jute ou en chanvre spécialement traités pour obtenir une corde à la fois robuste, souple et douce au toucher. De nos jours, on utilise de plus en plus
des cordes de nylon ou de coton plus douces, plus souples et plus faciles à manier que les cordes traditionnelles mais dont l'inconvénient réside dans le fait que les nœuds ont une fâcheuse
tendance à glisser ; elles sont également plus élastiques et risquent de bouger lors d’une suspension, voire de brûler la peau.
L'art martial traditionnel (hojojutsu) des samouraïs ne fait pas de nœud alors que le bondage japonais actuel, s'inspirant du modèle occidental, fait entre deux et cinq sortes de nœuds simples
servant essentiellement au blocage des cordes. Avec ses racines profondément ancrées au Japon, enseigné dans le monde entier par des Maîtres (sensei) reconnus, le kinbaku a progressivement gagné en
popularité au Japon puis en Occident.
ASPECTS TECHNIQUES ET MATERIEL
Le kinbaku traditionnel est basé sur des motifs obtenus à l'aide de cordes et dont la plupart trouvent leur origine dans l’hojojutsu. Il se pratique à l’origine avec des liens de sept mètres de
longueur. En raison des différences physiques des participant(e)s dans le BDSM occidental, on utilise plutôt des cordes de huit mètres.
Les techniques du bondage japonais utilisent des cordages rugueux constitués de plusieurs brins tressés en fibres naturelles (paille de riz, chanvre, jute ou toile). Pour un shibari au sol, on
utilise des cordes fines, de 4 à 6 millimètres de diamètre pour obtenir un effet sophistiqué. Les cordes utilisées pour les suspensions auront un diamètre plus gros, allant de 8 à 12 millimètres,
afin de ne pas pénétrer trop profondément la peau et offrir un maximum de confort. Les noeuds seront alors plus proéminents et plus faciles à défaire.
REGLES DE SECURITE
Pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans le ligotage, il faut savoir qu'un apprentissage est indispensable car il s'agit d'un jeu dangereux.
• Il faut toujours avoir à portée de mains des ciseaux de sécurité, à bouts ronds capables de trancher les liens en cas d'urgence sans blesser la personne attachée.
• Il faut toujours protéger la peau du sujet lorsqu'on tire de grandes longueurs de cordes pour éviter de lui brûler la peau.
• Il faut surveiller les extrémités du sujet (mains, pieds). Si elles blanchissent ou bleuissent, c'est le signe que les liens sont trop serrés et qu'il faut les défaire. Des picotements ou des
engourdissements dans les membres sont le signe que le sang circule mal et doivent également conduire à défaire le ligotage et à frictionner le ou les membres.
• Ne jamais serrer un lien devant le cou du sujet. Le risque serait de l'étrangler.
• Si le modèle doit être bâillonné, il faut convenir d'un signal non équivoque pour alerter le nawashi (ligoteur) en cas de problème.
